January 25, 2009 @ 3:25 am | alex
Back in the U.S.S.R

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Dans ces villes dortoirs, réceptacles, cités minières-post-industrielle, regroupant une population homogène de chômeur - smicard - Rmiste - d’ignorant (au sens large), façonnant ses enfants dans un galvaudage culturel, dominos vacillant d’une mauvaise conjoncture socio-culturel. La bonne excuse.
L’aquoibonisme palpable sur tout les pores de leur peau, l’ignorance d’être ignorant de ces simplets perceptible à la moindre parole.
Et quand arrivé là, par hasard, par pas de bol, impartialement, ce n’est pas la pitié qui nous caractérises mais l’indifférence. Ils se plaisent tels qu’ils sont, pour eux c’est déjà trop tard, Bah ouais quoi ! On a jamais vu un éclair de génie transformant une loque en hyper-machine culturelle inscrites aux ateliers d’art contemporains avec Bach en fond d’écran sur son portable.
Et quand parfois dans ces conurbations foireuses, parmi les mamas voilées de la tête aux pieds, les verbiages idiots, les ô combien respectables et respectés d’jeuns pommés et tellement déplumés qu’ils partagent leurs “musiques” (J’en connais qui doivent se retourner dans leurs tombes) sur leurs cellulaires (homophonie leur rappelant la tant convoitée cellule), ils vous arrivent de rencontrer une personne qui comme vous, se demande qu’es qu’elle fout là, pourquoi la société l’a mise de coté elle aussi, putaindebondieu, qu’es qu’elle a de moins que n’importe quel fils-de notaire ou d’avocat intra-muros ? Elle brille par sa discrétion et la connaissance et l’envie de ce suicider mélangée à un goût prononcé pour le meurtre perceptible sur le coin supérieur gauche de son visage.
Alors ils se lancent mutuellement un regard de rescousse, un genre de camaraderie fraternelle qui dit, “courage, bientôt on s’en sortira”.
Pour eux, il ne sera jamais trop tard.
Dans nos villes archaïques, insalubres, “dortoirs terminal”, aux gares bondées de flux -reflux- humains s’ignorant, aux ruelles infernales répétant en boucle “shit, herbe, héro, coc”, “shit, herbe, héro, coc”… Il arrive de trouver un havre chanceux, un peu rescapé, un peu increvable. De s’y arrêter et d’écouter dans le silence, le plus beau des discours. Ecouter le silence, c’est pas un pléonasme ? On s’en fou ça sonne bien.
Lever les yeux au ciel parsemé de branches anorexiques au bois humide. De percevoir inaudiblement le bruit pourtant proche de la circulation sur un quelconque boulevard, créant un paradoxe nous laissant croire pendant un court instant de perdition que l’air que l’on respire est pur.
Recouvrant peu à peu les étiquettes illisibles de nos bagages sensoriels, écoutant la symphonie érotique des feuilles s’entremêlant, des oiseaux faisant des trucs d’oiseaux, de l’herbe… de l’herbe !
Nos yeux focalisent peu à peu, s’imprègnent patiemment du paysage les entourant, de cette vieille cathédrale qui jadis avait du cacher des voleurs recherchés par l’inquisition, devenue aujourd’hui l’urinoir pour clodos et autres torchés du coin. Des putains de baraques à l’allure Amstermandinoise optant pour le schéma classique “magasin de luxe en bas, atelier d’artiste en haut”, reliée à cet havre par des ponts contemporains aux cours souterraines (les catacombes de la nature) s’allumaient progressivement, plus la nuit venait.
Surpris que j’étais de notre propre reflet dans la flaque immobile sur le pavé. Mon corps se remplissant dans cette étreinte parfaite d’une inspiration infinie.