alexis piraina | notebook
Ils vaquent, inutile, ignorant la fatalité de leurs existences superficielles.
January 18, 2009 @ 9:38 pm | alex

Dans nos villes archaïques, insalubres, “dortoirs terminal”, aux gares bondées de flux -reflux- humains s’ignorant, aux ruelles infernales répétant en boucle “shit, herbe, héro, coc”, “shit, herbe, héro, coc”… Il arrive de trouver un havre chanceux, un peu rescapé, un peu increvable. De s’y arrêter et d’écouter dans le silence, le plus beau des discours. Ecouter le silence, c’est pas un pléonasme ? On s’en fou ça sonne bien.

Lever les yeux au ciel parsemé de branches anorexiques au bois humide. De percevoir inaudiblement le bruit pourtant proche de la circulation sur un quelconque boulevard, créant un paradoxe nous laissant croire pendant un court instant de perdition que l’air que l’on respire est pur.
Recouvrant peu à peu les étiquettes illisibles de nos bagages sensoriels, écoutant la symphonie érotique des feuilles s’entremêlant, des oiseaux faisant des trucs d’oiseaux, de l’herbe… de l’herbe !
Nos yeux focalisent peu à peu, s’imprègnent patiemment du paysage les entourant, de cette vieille cathédrale qui jadis avait du cacher des voleurs recherchés par l’inquisition, devenue aujourd’hui l’urinoir pour clodos et autres torchés du coin. Des putains de baraques à l’allure Amstermandinoise optant pour le schéma classique “magasin de luxe en bas, atelier d’artiste en haut”, reliée à cet havre par des ponts contemporains aux cours souterraines (les catacombes de la nature) s’allumaient progressivement, plus la nuit venait.
Surpris que j’étais de notre propre reflet dans la flaque immobile sur le pavé. Mon corps se remplissant dans cette étreinte parfaite d’une inspiration infinie.